A TOI

J'aimerais que tes yeux si clairs de tendresse Happe de mon regard l'angeline lueur, Et que tu y découvres les plus grandes richesses Que tu n'eusses espéré trouver en aucun coeur. Et que le tourbillon un court instant s'arrête Pour ne laisser que nous dans un jardin bonheur ; Où s'efface le temps, où l'âme du poète Toute faite d'amour, n'est que pure grandeur. J'aimerais mon regard dans le tien, si fragile Que plus un seul oiseau n'oserait murmurer ; Et m'abreuver de toi, frémissante et tranquille... J'aimerais que ta grande main, forte et tremblante, Prenne mes doigts menus, et tièdement les serre. Et sur ton coeur battant les poser, languissante, Abandonnée au feu du désir, tout entière. Je voudrais que ta bouche tout doucement s'approche, Fraîche et délicate comme brise de mai. Que mes lèvres rosies des tiennes se rapprochent Jusqu'à les effleurer de satine sucrée. J'aimerais que tes bras m'abritent protecteurs Sur ta large poitrine, et écouter ton souffle. Me blottir, éperdue, dans ta tendre chaleur, Et me cabrer d'envie, et de caresses souples. O, mon amour je veux boire l'eau de ta bouche Longtemps, longtemps, longtemps, jusqu'à l'éternité. Enfouir mes mains dans tes boucles farouches, Abandonner mon cou, mon sein à tes baisers. J'aimerais essuyer de ma langue câline La sueur de ton corps, ainsi que larmes d'ange La rosée de ton front, en perles cristallines. Et me remplir de toi en de divins échanges. Je voudrais m'enivrer du parfum de ta chair Et que mes blanches mains délectent ta peau nue. T'offrir la douceur de ma cambrure fière Frissonnante de joie sous ton ventre tendu. Ensemble, respirer au ciel du plaisir... Lorsque l'astre de feu enflamme le couchant Retrouver ces couleurs extrêmes en nos délires, Et puis pleurer d'amour, tous deux en même temps.


Lys de Mai, le 1er Aout 1999