DIGRESSION TAOÏSTE
C'est le vide intéreur qui fait la beauté
De la cathédrale
C'est le non écrit qui fait la beauté
De la phrase
C'est le centre invisible qui fait tourner
La roue
Faisons en nous le vide
Soyons profonds comme un puits dans le désert
Alors jamais nous ne manquerons de rien
Alors toujours nous pourrons accueillir
La beauté du moindre instant
Avec l'oeil neuf d'un enfant découvrant le monde
Cultivons le non dire
Soyons muets comme le rocher surplombant la falaise
Alors jamais nous ne serons blasés
Alors toujours nous pourrons nous émerveiller
Du chant du ruisseau serpentant dans le pré
En tout semblable au cri du muezzin sur la ville endormie
Pratiquons le non agir
Soyons immobiles comme la surface d'une mer sans ride
Alors jamais nous ne serons usés
Alors toujours nous connaîtrons le bonheur
D'une action sans but
D'une pensée sans intention
D'une vie sans angoisse
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