Le noir n'existe
Que par le blanc
Je suis si triste
Et si content
Toi de Genève
Moi de Paris
La vie est brève
Au paradis
Réponds-moi vite
Ne me dis rien
Le doute habite
Le parisien
Je dirai tout
Sur le néant
Mais tu t'en fous
Jusqu'à présent
La fourmi pleure
Sur son brin d'herbe
Le grand malheur
De naître imberbe
O poétesse
Sois plus légère
Que la caresse
De l’éphémère
Un oiseau gît
Sur le pavé
La mort surgit
J'ai tout rêvé
Qui sommes-nous
Pour tout nous dire ?
Que savons-nous
De nos désirs ?
Tout est factice
Tout est fortuit
Sauf le délice
D'un mot gratuit
L'enfant chéri
Pleure sa mère
Le bébé rit
Pour mieux te plaire
En quatre vers
Tout de travers
Chantons la vie
Et nos envies
Rions bien haut
Du grand mystère
Qui nous relie
Au grand réseau
Tissons la toile
De l'impalpable
Mettons les voiles
Pour l'ineffable
je n'attends rien
De nos e-mails
Sauf le parfum
Du caramel
T'écrire toujours
En minuscules
De longs discours
C'est ridicule
Tu es une ombre
Derrière l'écran
Un regard sombre
Indifférent
Mais ton œil rit
De me voir jouer
L'homme incompris
Et isolé
Arrêtons tout
Je suis heureux
Juste un peu fou
Cela vaut mieux
Tout se termine
Même les poèmes
Je te devine
Un peu bohème
La fleur des champs
Offre au soleil
Un brin de miel
Pour ton enfant
Un jour sans toi
Ce n'est pas grave
Tes vers adroits
M'ont rendu brave
Pas plus Rimbaud
Que Beaudelaire
N'étaient ni beaux
Ni très experts
Trente printemps
C'est le bel âge
Reste longtemps
Sur ce nuage
Tu es comblée
Et puis heureuse
Mouette rieuse
Sur champ de blés
Foin de dialogues
Pas de galères
Ni d'épilogues
Aux fruits amers
Pour sûr je cherche
Un doux miroir
Tends moi la perche
Sans encensoir
Sur le chemin
Qui mène aux gens
Les lendemains
Seront changeants
Point d'illusions
Dans mes pensées
Nulle occasion
D'être insensé
Suivons donc Nietzsche
Cet auteur Kitsch
Dans ses écrits
Car j'y souscris :
L'ART : IL N'Y A QUE L'ART,POUR NE POINT MOURIR DE LA VERITE
La flaque d'eau
Montre la lune
Le bel oiseau
Mange la prune
Ma chère muse
Ne sois pas triste
Si le temps use
Suis donc ma piste
Sur la grand mer
De l'inconnu
Vois l'éphémère
Toujours à nu
Petit détail
Est bien plus grand
Que la bataille
Des dieux géants
Courrier secret
Porte à rêver
Instants discrets
Inachevés
Tu as le choix
De ne rien dire
Ou bien ma foi
De faire pire
Je ne sais rien
De tes grands yeux
Peut-être bien
Qu'ils sont très bleus
Ou bien marrons
Quelle importance
Ou mieux - vairons
Ca porte chance
Mais l'essentiel
Est que tu saches
Que grâce au ciel
Tout nous attache
Quand je dis nous
C'est tous les hommes
En haut de forme
Ou en burnous
Surtout voyage
Parcours la Suisse
Et ses villages
Pour que tu puisses
Me raconter
La frêle odeur
D'un calme été
Riche en torpeur
Ou bien médite
Dans ta chambrette
Parcours les sites
De l'Internet
Mais je m'égare
Car les hasards
Sans crier gare
Vers autre part
Nous guideront
Tel le soleil
Seuls resteront
Tous nos e-mails
La pluie battante
A martelé
Sa chanson lente
Sur mes mollets